COMMUNIQUÉ

1er février 2018

Par le biais du grand rassemblement 2018 : L’UdeM sort du pétrole, Désinvestissons UdeM souhaite faire passer le message suivant.

D’abord, le désinvestissement du secteur fossile n’est pas quelque chose qui peut être rejeté du revers de la main. Alors que, face aux changements climatiques, nos gouvernements tardent à réagir, quand ils ne sont pas carrément immobilistes, le désinvestissement apparaît en effet comme une stratégie pertinente pour accélérer la transition énergétique. Il permet d’opérer un transfert de capitaux vers les énergies bas carbone et de discréditer un secteur qui, historiquement, a fait obstruction à la transition énergétique. Il y a de bonnes raisons pour lesquelles 700 institutions ont déjà désinvesti du secteur fossile, dont des universités prestigieuses et des fonds de pensions importants.

Ensuite, les changements climatiques en cours constituent une menace grave pour le maintien de nos sociétés. Pour les juguler, nous devons garder enfouie une portion importante de combustibles fossiles et passer à une économie sobre en carbone. Cette transition est d’autant plus pressante qu’elle prendra du temps. Seulement, l’industrie fossile a tout intérêt à ralentir cette transition, et elle le fait depuis longtemps. Ainsi, voilà 40 ans que le secteur fossile est au courant des changements climatiques, et pourtant il n’a cessé de financer climatosceptiques de tout genres, en plus de faire dérailler les tentatives de règlementations climatiques. En ce sens, le secteur fossile est en partie responsable des changements climatiques, ce qu’essaie de faire reconnaître la ville de New York dans une poursuite intentée contre cinq multinationales (The Guardian, 10/01/2018), et, pire, il constitue un frein majeur à la transition énergétique.

En conséquence, investir dans les énergies fossiles n’est pas anodin. Cela équivaut à parier sur une exploitation toujours plus massive des énergies fossiles, au détriment du climat, en plus de cautionner moralement et socialement les façons de faire de cette industrie. Face au danger immense que représente le changement climatique, et considérant le rôle de leader qu’est censée jouer une institution telle que l’Université de Montréal, cette dernière doit prendre ses responsabilités et répondre à l’appel récent de 80 économistes à ne plus financer de projets liés aux combustibles fossiles (Le Monde, 07/12/2017).

Cela étant, nous demandons au Régime de retraite de l’Université de Montréal et au fonds de dotation de l’Université de Montréal :

  1. Qu’ils reconnaissent le principe et l’importance du désinvestissement et du réinvestissement écoresponsable;
  2. Qu’ils mettent chacun sur pied un comité qui aura pour fonction de piloter ce désinvestissement. Ce comité élaborera un plan permettant à son fonds respectif de retirer, en cinq ans, ses investissements des 200 plus importantes compagnies œuvrant dans le secteur fossile, telles que recensées par le Carbon Underground 200TM. Ce comité devra produire un rapport annuel faisant état des progrès de ses démarches et un.e membre de Désinvestissons UdeM devra y siéger.
  3. Qu’ils réinvestissent ces fonds, dans la mesure du possible, dans des compagnies œuvrant à la transition énergétique, à l’efficacité énergétique et à des initiatives proclimats.

L’Université de Montréal devrait faire sienne cette politique puisque, à l’heure actuelle, de nombreux fonds d’investissement mettent sur pied des stratégies ambitieuses pour enrayer le changement climatique. Nous pouvons penser notamment à la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui met en place une politique visant directement à réduire l’empreinte carbone de ses placements, ou à certaines banques, dont la Banque mondiale, qui vont cesser de financer des projets particulièrement polluants. Conséquemment, intégrer les facteurs ESG (environnement, social, gouvernance) dans les politiques d’investissement, comme le font le Régime de retraite et le fonds de dotation de l’UdeM est certes louable, mais ce n’est guère suffisant.

Enfin, l’Université de Montréal ne peut invoquer, comme elle l’a déjà fait, le caractère moralement neutre et libre d’une université pour justifier son refus de désinvestir. En effet, conserver des investissements dans le secteur fossile est déjà moralement chargé, cela sans compter que le désinvestissement n’a aucun impact sur les activités d’enseignement et de recherche. Au contraire, tout mettre en œuvre pour enrayer le changement climatique apparait la condition même de la poursuite de sa mission.

Alors que la planète s’est déjà réchauffée de plus d’un degré, nous n’avons plus de temps à perdre. Les changements que nous avons à effectuer sont à la mesure du risque de nous encourons. L’Université de Montréal ne peut plus faire comme si elle n’était pas concernée. Elle doit comprendre que nous nous trouvons à un stade critique et mettre la main à la pâte.

Désinvestissons UdeM

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